kean, je te comprends peut-être un peu tu sais... J'ai moi-même pas eu un accueil chaleureux avec cette nouvelle (outée, grillée dans mon cas... également.)
Oui c'est vrai, dans ces cas, et j'en connais d'autres, il n'y a pas grand chose à faire.
Il y a aussi d'autres situations. Moi, j'ai cessé aussi de demander à ma famille de comprendre. J'ai fait ma vie, dans mon coin, et je porte les traces de ce passage douloureux, et elles sont gravées à vie. Oui, je peux pas dire le contraire. Et il y a vraisemblablement quelque chose, une sorte de confiance ou de rapport familial qui est mort, à cause de ça. Indubitablement.
Mais il y a d'autres cas. Ces autres cas, j'ai parfois tendance à moi-même les oublier, tant je me rappelle de mon propre parcours. Je suis bien forcée d'admettre que dans d'autres familles, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Dans d'autres familles, les questions sont légitimes. Dans d'autres familles, le dialogue se dénoue... Plus rapidement que dans d'autres.
Pour celles-ci, qui, de toute manière, sans doute pourraient trouver un chemin vers une meilleure acceptation mutuelle des vies de chacun (parents/enfants) et bien, il y a cette assos.
Pour les autres...
Malheureusement...
Il n'y a rien à faire.
Et encore beaucoup de jeunes sont brimées, sont "rééduquées", presque "séquestrées" oui.
C'est vrai et je ne le nie pas...
Il n'y a sur toute ma famille, composée de deux parents et 4 filles, qu'une seule de mes soeurs, qui a tenté de me comprendre, et tenté de savoir ce qui s'était passé.
Les autres m'ont simplement rejetée.
Bien...
Alors... Moi... La seule manière que j'ai trouvé de faire avec... Ben, c'est... D'essayer d'aider, un peu, de temps en temps, des gens dans une situation similaire...
C'est peu...
C'est la seule chose que je propose...
Ca, et reconnaître qu'il y a également... Des fois où ça se passe bien, et des fois où... La personne qui le vit le moins bien, c'est la personne, pas sa famille...
Ca aussi, ça existe :)
J'apprécie ton bémol, kean. J'avais même tenté de lancer le sujet à ce propos sur le forum ;)
Cybèle
Le 19 11 2007 à 09:23
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« comment peut-on comprendre les interrogations des familles et répondre au mieux aux questions qu’elles se posent ? »
Je sais que ton billet se propose d'accompagner les parents dans le vécu de l'homosexualité de leurs enfants, cependant j'y mets quand même un bémol personnel...
Comment faire pour les accompagner? Pendant plus d'un an, cela a été ma disposition d'esprit envers mes parents, une disposition, n'empêche qui détruit l'enfant, parce qu'hélas souvent le malaise ne se trouve pas vraiment ou pas beaucoup en lui, mais dans les familles,dans la société, dans l'entourage.
J'ai une expérience un peu particulière, j'ai été outée au sein de ma famille. Ce n'était nul à mon programme de faire mon coming-out familial. Je vivais en couple depuis un an, je n'en ressentais pas le besoin et plutôt en pressentais la douleur et la séparation que cela engendrerait plus que l'union et l'amour.
Mais bon j'ai été outée et je ne veux pas parler de tout le harcèlement, le chantage affectif, les menaces, l'éloignement, les accusations etc...
Je me suis expliquée des milliers de fois tentant de les accompagner, de leur faire comprendre, pendant qu'un black-out était fait sur ma vie, mon couple et même la menace de ne plus être la bienvenue dans la famille...
Pendant tout ce temps aucun des parents ne s'est posé la question de savoir la douleur de mon cheminement, qu'est ce qui m'avait amené à être lesbienne... qu'on le croit ou pas, souvent c'est difficile de vivre sa différence "contre-norme"... c'est quasi une violence au quotidien surtout lorsqu'on vit dans un milieu conservateur... les regards, les critiques, les peurs etc...
Personne, ces parents n'ont pas le réflexe de demander à leurs enfants au moins avant de juger "racontes-moi!" très vite on part dans un assaut comme si cela s'agissait d'un dernier caprice... Oui on dit que les parents veulent protéger de la "méchanceté du monde" et peut-être se protéger aussi, se la couler douce sans être remis en question... J'aurais aimé que mes parents m'aient dit: "racontes-nous comment cela t'est arrivé" ou peut-être compris: "tu as dû souffrir ma fille"... N'empêche ça a été violent, mais ça ne m'a pas changé pour autant... mais ça a créée en moi une grande lassitude par à rapport au fait de se justifier, d'essayer de comprendre l'autre qui ne comprend pas, de l'accompagner etc!
kean
Le 17 11 2007 à 12:14
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